Par opportunisme, le Gouvernement tente de tirer les leçons de la crise des Gilets Jaunes. Mais si la posture change, la politique de sabotage des acquis sociaux reste brutale et inégalitaire.

EDUCATION : LE CHANTIER PERMANENT
Le Ministre communique beaucoup sur le bien-fondé de ses réformes. En fait, c’est pour masquer la réalité des conditions de rentrée, dans le Premier comme dans le Second degré : effectifs chargés, postes en nombre insuffisant, RASED exsangues, inclusion à marche forcée sans moyens ni formation, AESH non nommés et mise en place chaotique des PIAL. La loi Blanquer, votée cet été, menace les personnels et la laïcité : financement des maternelles privées, devoir d’exemplarité, obligation de formation sur les vacances, etc.

SERVICES PUBLICS : DEMANTELEMENT ACCELERE
Après le vote de la Loi Fonction Publique cet été, les fermetures et les restructurations se multiplient : les services des Finances à Valence imposent des mutations forcées dans le département pour alimenter les "Maisons de services au Public" promises par Macron ; les fonctionnaires des douanes, chargés du secteur des vins, s’alarment des privatisations ; ceux de la répression des fraudes réduisent encore leur temps d’ouverture aux usagers. Toutes les urgences hospitalières du département sont en grève, en raison des fermetures de lits en rafale. A la SNCF, la liste de gares fermées s’allonge comme les files d’usagers obligés de se reporter sur les autres dont les horaires d’ouverture sont réduits : Saint Vallier, Saint Rambert, Saint Marcellin, Loriol (à venir). Le tout au nom de la modernité et du développement numérique.

SALAIRES : OPERATION COMMUNICATION
Sur la question des rémunérations devenue particulièrement sensible, le Gouvernement n’envisage toujours pas le dégel du point d’indice. Dans l’Éducation, le Ministre mène une campagne de communication honteuse renvoie aux calendes grecques la revalorisation et annonce un gain annuel moyen de 300 euros en s’attribuant le mérite d’une mesure prise par le précédent gouvernement et reportée d’un an par Macron. La réalité, c’est que les salaires dans toutes les Fonctions Publiques sont insuffisants !

RETRAITES : TRUCAGE ET ENFUMAGE
La publication du rapport Delevoye sur la retraite à points a donné lieu à des manipulations dénoncées par des économistes et des journaux : pour faire apparaître des gains de pensions avec le futur système, les calculs ont été établis sur la base de 44 annuités (or la base est de 42 actuellement). Et pour obscurcir encore un peu plus le sujet, le Président de la République tente de présenter un énième allongement de la durée de cotisation comme une concession en forme d’alternative à l’instauration d’un âge pivot, alors que l’un comme l’autre ne feront que retarder l’âge de départ et le niveau des pensions.
C’est donc un enfumage supplémentaire : tant qu’on discutera de ces aspects, on ne parlera pas de la baisse des pensions induite mécaniquement par la limitation à 14 % de la part des richesses dévolue aux retraites, alors que le nombre de retraités augmente.

LA FSU DONNE LE TON : MOBILISATION !
Ne nous laissons pas duper : sur le fond, rien ne change. Il y a urgence à nous mobiliser collectivement pour faire front sans prioriser telle lutte plutôt que telle autre. Education, conditions de travail, salaires, retraites : nous devons tenir tous les bouts.

JL MOLLARD

Ce texte est l’édito du bulletin Singulier-Pluriel n°168 de la FSU26