Comme à chaque rentrée, le ministre JM Blanquer a fait de la com’ , au lieu de s’adresser par circulaire aux personnels de l’Education nationale. Mais à y regarder de près, rien de neuf ni de consistant n’est annoncé. La seule info, c’est que Blanquer porte la barbe !

PAROLES, PAROLES, PAROLES…

Le Ministre a annoncé une « rentrée presque normale » ? Pourtant, nombre de scientifiques s’alarment d’une éventuelle recrudescence des contaminations chez les jeunes et l’on s’attendrait légitimement à un protocole rigoureux et à une réflexion poussée sur la continuité de l’enseignement. Au lieu de cela, on fermera des classes en primaire et dans le secondaire (44 classes fermées dans la Drôme vendredi dernier selon le DL), on renverra chez eux les élèves non vaccinés. Il s’agit d’une mesure discriminatoire qui pénalisera un peu plus les enfants des classes populaires plus éloignées de la vaccination pour diverses raisons.

Le Ministre a annoncé un plan de vaccination au plus proche des écoles ? Mais sans recrutement supplémentaire de médecins, d’infirmières ou d’assistantes sociales, les bras manqueront pour augmenter le nombre de vaccinés et traiter les situations d’urgence sociale.

Quant aux moyens matériels (purificateurs, détecteurs de CO2), aucun financement spécifique n’est prévu et la balle est renvoyée aux collectivités territoriales.
C’est le même Blanquer qui refuse tout plan d’urgence dans l’Education, maintient les suppressions de postes et témoigne du même mépris pour les personnels, les élèves et les familles.

Plutôt que de prendre ses responsabilités, Blanquer préfère claironner son autosatisfaction avec la prétendue revalorisation des enseignants ; Les 266 millions d’euros annoncés sont à mettre en regard des 20 milliards attribués sans contrepartie pour les grandes entreprises. Rapportés à la totalité des enseignants, cela se traduira par des hausses allant de 29 à 49 euros, selon l’ancienneté. Autant dire insuffisant pour rattraper la moyenne salariale européenne et pour susciter des vocations.

En revanche, pas un mot, pas un bilan, pas une inflexion sur le fond de sa politique. Les réformes les plus rétrogrades s’appliqueront et s’amplifieront : réduction du nombre de remplaçants, démantèlement programmé de l’Education prioritaire, sabotage du Bac, maintien de la sélection grâce à Parcours Sup, recours toujours plus grand aux précaires sans formation, matraités et mal payés.

Blanquer suit sa feuille de route néo-libérale : la démocratisation coûte cher, il faut donc renoncer à l’ambition, mais sans le dire, en masquant la réalité sous les termes ronflants.

ALORS OUI, SE MOBILISER ENCORE ET TOUJOURS !

Aujourd’hui, on ne peut plus se contenter de faire le gros, d’autant que la proximité de la campagne de la présidentielle provoque toujours plus de surenchères (dans un sens ou son contraire). Mais le déni de réalité est à l’œuvre dans la majorité comme à droite qui nous promettent toujours plus de libéralisme, de déréglementation et de territorialisation. Le Président Macron n’a pas fait autre chose à Marseille en demandant l’effacement du cadre national pour les programmes et le recrutement des personnels, sans parler des accusations de « gréviculture » !

Pour augmenter les salaires sans contrepartie, pour améliorer les conditions de travail de tous les personnels, pour exiger le retrait des mesures liées à la direction d’école, pour demander le rétablissement d’un baccalauréat national et plus largement pour recruter les personnels nécessaires de la Maternelle à l’Université et dans tous les secteurs liés à l’EN, il faut élever le rapport de forces.

La rentrée sociale dans l’Education s’annonce donc chaude : l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Sud appelle d’ores et déjà à la grève les personnels le jeudi 23 septembre pour exiger un plan d’urgence dans l’Education.

MANIFESTATION A VALENCE à 14 HEURES
– FONTAINE MONUMENTALE –

Plus largement, à l’exemple des retraités dans la rue le 1er octobre, la FSU appelle à poursuivre la mobilisation le 5 octobre dans le cadre de l’appel à la grève interprofessionnelle.

Amélie Chapapria, Christophe Dumaillet,
co-secrétaires départementaux.